L’écrivain Gil Courtemanche n’apprécie pas « l’empire Quebecor » et le fait savoir

Finaliste, avec d’autres, du prix littéraire Archambault pour son dernier livre « Je ne veux pas mourir seul », l’écrivain et journaliste Gil Courtemanche demande à ce que l’on retire son nom de la liste au motif que les librairies Archambault appartiennent au grand méchant Quebecor. Egalement propriétaire du fameux Journal de Montréal dont plus 200 salariés sont en « lock out » depuis bientôt deux ans.

Dans l’univers des médias au Québec, Quebecor fait figure de grand méchant loup. Un peu comme les groupes Hachette ou Hersant en France, pour faire une rapide comparaison.

Fondée par Pierre Péladeau, « l’entreprise est devenue au fil d’acquisitions un chef de file incontesté dans le domaine de l’impression commerciale », nous explique Wikipédia. Aujourd’hui dirigé par Pierre Karl Pélardeau, fils de son père, l’entreprise a considérablement diversifié ses activités ces dix, quinze dernières années, dans les médias, l’édition, le commerce de détail et, of course, les télécommunications.

« le mépris, l’arrogance et la poursuite effrénée du profit »

Quebecor est notamment propriétaire du Journal de Montréal, l’un des principaux quotidiens montréalais. Depuis bientôt deux ans, plus de deux cents salariés du Journal sont en lock out, sorte de « grève patronale » généralement utilisée par une direction d’entreprise « pour faire pression sur les grévistes, les salariés non-grévistes n’étant alors plus rémunérés, mais étant soutenus financièrement par les non-grévistes ».

Ce sont ces mêmes journalistes en lock out qui ont créé le site d’informations Rue Frontenac, qui dispose également depuis quelques semaines d’une édition papier.

Le prix littéraire pour lequel Gil Courtemanche a été retenu n’est pas un petit prix. Décerné chaque année en avril, le Grand Prix littéraire Archambault est également accompagné d’une bourse de 10 000 dollars, rappelait le site de Radio-Canada.

Ecrivain reconnu, Gil Courtemanche est également journaliste (La Presse, Le Devoir, Radio Canada, Le Soleil). Une double casquette qui renforce son geste. Qu’il justifie:

« J’ai été heureux d’apprendre que je faisais partie des finalistes du Prix littéraire Archambault pour mon dernier livre Je ne veux pas mourir seul. Les librairies Archambault appartiennent à l’empire Québécor et font partie de l’entité corporative qui depuis presque deux ans maintient en lock-out plus de 250 employés du Journal de Montréal.

L’attitude de Pierre-Karl Péladeau dans ce conflit est caractérisée par le mépris, l’arrogance et la poursuite effrénée du profit. Écrire est essentiellement un geste de liberté et je ne peux accepter que mon nom ou un de mes livres soit associé à des gens qui foulent cette liberté au pied.

Je refuse donc d’être en lice pour ce prix et demande aux librairies Archambault de retirer mon nom et mon livre de la liste des finalistes. J’espère que d’autres finalistes poseront le même geste de solidarité avec les employés du Journal de Montréal. »

Un peu de panache dans ce monde de brutes…

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2 Comments

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  1. Merci cher Rémi de cette information. Il existe donc, ici ou là, des Hommes dignes de ce nom. Je vais imprimer ton texte et le joindre au livre que nous venons d’acheter pour la bibliothèque!

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