Ceci n’est pas ma fille ou quand l’heure est venue de s’emmitoufler

La première neige est tombée à Montréal samedi 27 novembre. Cinq centimètres. L’information a de quoi faire frémir car elle signifie que l’hiver s’en vient. L’heure est donc venue de s’emmitoufler, de s’encapuchonner, sans se tromper dans les couches. Leçon pratique d’un novice.

En caleçon, torse nu. niveau (presque) 0 de l’habillement. Dehors, disons qu’il fait – 10°. Un petit -10°, attention, rien de bien méchant. Un -10° sans le facteur vent. De la gnognotte de -10°.

La première chose dont il faut s’assurer avant de mettre le nez dehors, c’est de savoir si vous ou l’un des membres de votre gang n’avez pas une envie pressente. Mesure de précaution classique, surtout avec les plus petits qui se rappellent généralement qu’ils ont un pipi en travers une fois la tuque et les mitaines bien enfoncées sur la tête et les mains.

Ce faisant, on peut donc passer à la première couche. En bas, un collant ou un legging bien moulant, pas forcément très seyant mais confortable. Il y a aussi l’option « couche intermédiaire », comme ils disent chez Mountain Equipment Coop (MEC): sortes de fuseaux plutôt réservés aux skieurs mais dont « le polaire hautement respirant aidera la transpiration à s’évaporer pour vous garder au sec ». Chasser la transpiration semble crucial. Le coton est donc strictement interdit ici. Selon le principe « même mouillés, ils sont secs », baigner dans sa transpiration est évidemment le meilleur moyen d’attraper la crève. En particulier par -10.

En haut, il faudra opter pour la même solution « hautement respirante ». Donc par exemple un T-shirt en micropolyester « qui favorise le multicouche ». On touche ici au coeur du sujet: comment optimiser le multicouche ? Car, et c’est un autre principe de base: trop se couvrir ne tiendra pas plus chaud. Bien au contraire. Bien se couvrir, par contre, vous évitera quelques désagréments. C’est finalement toute la différence entre un cheeseburger et un big mac.

La précision est d’autant plus importante lorsqu’on se met en situation de prendre le métro. Non seulement, en étant suremmitouflé, vous ne passerez pas les tourniquets, mais en plus, vous crèverez littéralement de chaud sur le quai.

  • Conséquence n°1: vous commencez à vous dévêtir tant la sensation d’étouffer est insupportable sans savoir que faire de toutes ces frusques ;
  • Conséquence n°2: ce n’est que lorsque la porte du métro se referme que vous vous apercevez que l’une de vos mitaines est restée sur le quai…

Rien à voir, mais pour les bébés, il existe des polaires vraiment sympa, comme ce petit « kimono » blanc, toujours de chez MEC (photo)

Cela étant dit et une fois collant et t-shirt enfilés, la séance d’habillage se poursuit. On passe donc au pantalon et au chandail. En bas, c’est au choix. Selon si vous allez au boulot ou pas. En haut, on pourra opter pour les fameux chandails à capuchon thermal. D’une élégance rare. Ne manque plus que le bobsleigh. Cela dit, selon MEC:

« C’est une bonne couche isolante pour la course en hiver ou les sorties intenses en ski de fond. Se porte sous un manteau ou sur une couche de base respirante. »

Le multicouche, encore. Il n’est évidemment pas besoin d’être athlète de haut niveau pour apprécier le capuchon thermal…

Au final, on pourra tout aussi bien opter pour une polaire plus simple ou un bon pull en laine, c’est correc’ aussi. L’essentiel, encore une fois, c’est l’épaisseur. Point trop n’en faut. Pour le reste, on ne saurait trop recommander une bonne grosse doudoune en duvet. La tuque – le bonnet – à oreillettes est parfaite pour les enfants. Les mitaines – les gants – seront imperméables et bien rembourrées pour éviter les doigts bleus après une bonne séance de boules de neige. Toujours pour les gamins: les bottes de neige !

Dernière précision. Le matin avec des enfants, mieux vaut mettre le réveil à sonner trois-quart d’heure plus tôt, car la séance d’habillage est terriblement chronophage. Le pire dans l’affaire reste de mettre une paire de moufles à un bébé de douze mois. Il existe pourtant des mitaines sans « le pouce », avec des scratchs ultra-larges, des bandes élastiques assez serrées et tout et tout, mais rien n’y fait, impossible d’enfoncer la petite main molle et boudinée jusqu’au bout. Et généralement, à peine terminée la séance, pop, la main gauche réapparaît et la mitaine s’échappe. Le temps de replacer la main gauche dans son étui et, là, pop, ma fille me tapote sur l’épaule avec la droite. Crispant…

Pour terminer, cette petite Histoire plate mettant en vedette: doigts gelés, Ipod, trottoir de l’avenue Mont-Royal et ma patience légendaire, dénichée sur le site de Stella, pré-trentenaire montréalaise:

Ça c’est le genre d’affaire insignifiante qui arrive toujours quand t’es déjà un minimum frustrée ou quand tu as les nerfs à fleur de peau et qu’une crise de larme peut éclater à tout moment…

Je finis de travailler, un soir cette semaine, et je marche sur Mont-Royal vers mon chez moi. J’ai mon Ipod dans les mains et je tente, tant bien que mal, de démêler les fils de mes écouteurs qui sont pris en moton. Il fait froid, j’ai les doigts gelés (essaye de défaire un noeud avec des mitaines, voir) et j’ai la tête penchée, le regard baissé vers mes mains, où je m’applique à ne pas pogner les nerfs consciencieusement à démêler le tout. Comme je ne regarde pas où je vais, j’offre un spectacle qui ressemble un peu à ça sur le trottoir bondé.

J’arrive à deux pas de chez moi, ma ténacité toujours aussi infaillible. J’ai les épaules en feu mais ça n’accote pas la douleur de ne pas avoir écouté mon Ipod en chemin…Là, je vous entends dire: « Ouan, mais tsé, t’aurais pu t’arrêter pour faire ça là genre, style! » NON!! Ça me tentait pas, bon!

Je finis par venir à bout de démêler cet infâme moton; mes doigts bleus vont enfin se réchauffer. Je mets les écouteurs dans mes oreilles, j’appuie sur on. Une grosse batterie vide flashe sur mon écran. Mon Ipod n’a plus de jus.

Ah bin tab*rn*c!!!!!!!!!

Je suis rentrée chez moi pleurer en tite-boule en suçant mon pouce… »

Bienvenue, l’hiver…

 

Z. prête à affronter le froid de Montréal.
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11 Comments

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  1. Morte de rire!

    Tu te vêts vraiment trop pour un simple -10 C! :) Les Québécois s’en foutent et gardent même leurs souliers, ce que je trouve plutôt bête… Les combines, on les met juste pour le sport (« collant » sous les pantalons).

    Normal tout ça, c’est ton premier hiver… ;)
    Ta fille est craquante en zombie bleu.

    • J’espère ne pas avoir à m’habiller une seule fois comme je l’ai décrit ! Et probablement pas par -10°, tu as bien raison. Lorsque je suis venu à Montréal en mars, il faisait -8° avec du vent et une polaire, une bonne tuque et des gants suffisaient largement. Rendez-vous fin janvier pour un nouvel état des lieux, l’expérience en plus !

  2. Et elle marche dans sa tenue de moonwalk? Très drôle ton papier, ça rappelle des souvenirs… Ici aussi il caille, mais rien à voir, bien sûr. Jeudi soir à Paris, j’ai même chevauché un scoot à 5h du mat en robe et collants. Je criais au froid, mais j’en ai réchappé!

  3. Bravo pour ce reportage. On s’y croirait ! Cela réveille des souvenir quand ici en France, on emmène les enfants à la montagne… pour quelques jours. Pas pour un hiver !

  4. Quel plaisir de retrouver mes vieux textes de souvenirs (peu) plaisants sur d’autres blogues!! ; )

    Eh oui, maudit hiver qui reprend… Pfff!!

  5. Pour les mitaines de la petite, tu dois coudre entre elles un long fil de laine solide que tu intègreras dans l’habit de neige, les mitaines pendant au bout des bras. Elle enlèvera ses mitaines, mais elle ne les perdra pas!

  6. Ça commence à dater, mais il est tellement bon que je ne résiste pas, je mets le lien : http://www.youtube.com/watch?v=EP_18Coymk0

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