Comment tu vas-tu, madame la ministre de l’Education ?

En écoutant à Radio Canada ce matin la toute nouvelle ministre de l’Education du Québec, Line Beauchamp, j’ai été surpris par le ton simple et naturel utilisé à la fois par l’interviewer et l’interviewée. Une façon de faire différente entre journalistes et politiques ?

Photo du profil Facebook de Line Beauchamp

Le premier, Bernard Faucher, visiblement sous le charme de la seconde – qui est, dit-on, une « star » du parti libéral (L’Actualité de cette semaine) -, a passé une bonne partie de ses interventions à la complimenter pour sa maîtrise des dossiers (« vous faites corps » avec eux), son assurance ou encore son sens de l’écoute. Si bien que Line Beauchamp, sans doute rassurée par la tournure qu’ont pris les événements, s’est sentie suffisamment à l’aise pour lâcher quelques formules qui, en France, auraient fait le tour du net en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

« Nerveuse et fébrile »

Au Québec, que Line Beauchamp parle comme n’importe qui n’a visiblement rien d’exceptionnel. Elle a également évoqué la nervosité et la fébrilité qui l’accompagnent dans sa nouvelle mission – la rentrée scolaire ce 26 août était son baptême du feu – de manière assez sincère, m’a-t-il semblé. Mes oreilles françaises auront peut-être déformé ses propos, pourtant je n’avais pas encore ressenti cela en écoutant d’autres hommes et femmes politiques québécois. La perception que je peux avoir du discours politique local est-elle si différente de celle que j’ai en France ?

Et en même temps, comment peut-on être à tu et à toi avec une Nadine Morano, un Luc Chatel, un Xavier Bertrand (tous ministres UMP du gouvernement Fillon, des exemples) ? L’arrogance de la classe politique française dès lors qu’elle est au pouvoir n’est pas une illusion. L’incroyable distance qui la sépare des simples citoyens non plus.

Beauchamp 1er ministre ?

Cela n’empêche pas Line Beauchamp d’être une femme politique sans doute redoutable, avec ce qu’il faut d’ambition pour savoir où se placer pour bonifier sa carrière. Le journaliste de Radio-Canada lui a d’ailleurs rappelé que son nom était évoqué comme possible successeure de Jean Charest au poste de 1er ministre. Elle a gentiment botté en touche en rappelant tout ce qu’elle lui doit, et notamment son engagement en politique.

Pour ce qui est des grands dossiers d’éducation, je ne me suis pas encore penché sur le sujet. J’ai noté que la nouvelle ministre avait « l’appui des fédérations étudiantes et syndicales » et que son mandat précédent à l’Environnement plaidait en sa faveur. Les grands enjeux dans l’éducation sont nombreux et sa nomination n’a évidemment rien d’innocent. En cette rentrée des classes, les syndicats ont réclamé que la nouvelle venue fasse preuve « de courage politique » pour, notamment, « se donner les vrais moyens pour améliorer le taux de réussite des élèves québécois » (La Presse), en particulier les enfants en difficulté.

Premier bilan dans quelques semaines…

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One Comment

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  1. La classe politique française pourrait prendre exemple sur un comportement qui place la personne au coeur de ses intervention et non pas la fonction, portée à la fois comme un masque qui scelle et dénie les faiblesses et les incompétence ete comme un étendard qui fait flotter l’arrogance médiatique people.

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